Objectif USA n’est pas un cabinet d’avocats. Ces réponses sont informatives et ne remplacent pas le conseil d’un avocat en immigration. Les chiffres sont datés et renvoient à l’article qui les développe. Cette page s’adresse aux entrepreneurs qui s’installent aux États-Unis avec leur famille. Vous êtes une entreprise et vous ouvrez une filiale américaine ? C’est le métier de Rézoway East Coast, à Raleigh.
Sommaire
- Visa E-2 (16 questions)
- Business plan E-2 (7 questions)
- Créer ou racheter une entreprise (6 questions)
- Acheter et valoriser une entreprise (11 questions)
- Vivre aux États-Unis (6 questions)
Visa E-2
C’est quoi le visa E-2, et qui peut l’obtenir ?
Le visa E-2 (visa investisseur) est un visa non immigrant qui permet de vivre aux États-Unis avec son conjoint et ses enfants de moins de 21 ans. Il s’adresse aux étrangers dont le pays a un traité E-2 avec les États-Unis, la France en fait partie, qui vont y créer ou racheter une entreprise, créer des emplois et la diriger effectivement. Il faut que le demandeur ait au moins 50 % des parts de l’entreprise et qu’il ait investi un montant substantiel dans une entreprise réelle.
En savoir plus : le guide complet du visa E-2
Quel est le montant minimum à investir ?
Si vous cherchez un montant minimum inscrit dans le texte qui encadre le visa E-2, la réponse est non : le règlement demande un investissement « substantiel », que je prends au sens « proportionné au projet ». En pratique, je dirais 100 000 $ au minimum, et 150 000 $ pour être confortable. Certains projets demandent peu d’investissement, et j’ai encore vu passer récemment des dossiers à 80 000 $. Plus le montant est faible, plus c’est risqué, pour l’obtention du visa comme pour la suite.
En savoir plus : le montant minimum pour un visa E-2
Combien de temps dure le visa E-2 pour un Français ?
La durée du visa E-2 dépend de la nationalité du demandeur. Pour un Français, c’est 48 mois depuis le 16 novembre 2023, contre 25 mois auparavant. Quelqu’un qui aurait plusieurs nationalités a intérêt à demander le visa avec celle qui donne la plus longue durée.
En savoir plus : le passage du visa E-2 à 48 mois
Le visa E-2 est-il renouvelable, et à quelles conditions ?
Le visa E-2 peut être renouvelé un nombre de fois non limité, tant que l’affaire satisfait toujours aux conditions d’obtention initiales. Il faut que l’entreprise procure plus que le minimum pour vivre au titulaire et à sa famille, et qu’elle ait un impact sur l’économie locale, c’est-à-dire qu’elle génère de l’emploi. Aucun texte ne fixe de nombre. À mon avis, il faut deux à trois employés à plein temps, sans compter le dirigeant. Si l’entreprise se porte mal, la chance de renouvellement au bout de 48 mois est faible.
En savoir plus : le guide complet du visa E-2
Quel est le taux de refus du visa E-2 ?
Je n’ai pas de chiffre officiel récent pour l’ambassade de Paris. Entre le printemps 2025 et l’automne 2026, j’ai entendu parler de très peu de refus : les candidats qui m’en ont parlé ont été bien reçus, et les entretiens se sont bien passés. Quand il y a refus, c’est le plus souvent un dossier mal préparé, où il manque des justificatifs. On peut représenter le dossier, mais ce n’est pas idéal. Et après un refus de visa, il n’y a plus d’ESTA possible.
En savoir plus : le guide complet du visa E-2
Combien de temps faut-il pour obtenir le visa une fois le dossier déposé ?
À l’automne 2026, après le dépôt de la demande à l’ambassade, il faut compter 2 à 6 semaines pour que le dossier soit traité et que vous soyez convoqué à l’entretien. L’été, c’est généralement plus long. Cet entretien dure de 10 à 30 minutes et n’est généralement qu’une simple formalité si votre dossier a été correctement préparé.
En savoir plus : le guide complet du visa E-2
Faut-il obligatoirement passer par un avocat en immigration ?
Si l’on répond littéralement, non : l’avocat n’est pas obligatoire pour obtenir un visa E-2. Notre réponse est pourtant : il n’est pas obligatoire, il est indispensable. Un vrai avocat en immigration, pas un consultant. Il a l’habitude de présenter ce type de demande, il vous représente auprès de l’immigration au moindre problème, et il bénéficie du secret des échanges avec ses clients. Je ne souhaite pas intervenir dans des dossiers où il n’y a pas d’avocat en immigration impliqué.
En savoir plus : avocat en immigration ou pas
Mon conjoint pourra-t-il travailler ? Faut-il être mariés ?
Le conjoint du titulaire du visa E-2 obtient une autorisation de travail automatique, qu’on appelle E-2S. Il n’y a plus besoin de carte EAD : l’autorisation est obtenue directement au premier passage à la douane avec le visa. Mariés, il y a un seul visa « investor » et l’autre a un visa « spouse » : il peut travailler dans l’affaire, mais aussi à l’extérieur. Non mariés, il vous faudra un visa chacun, et ni l’un ni l’autre ne peut travailler en dehors de l’affaire.
En savoir plus : le guide complet du visa E-2
Que deviennent mes enfants à 21 ans ? Peuvent-ils travailler ?
Les enfants du titulaire obtiennent aussi un visa « E-2 dependent » et peuvent aller à l’école jusqu’à 21 ans. À 21 ans, ils doivent obtenir un visa pour eux-mêmes ou quitter le territoire. Tant qu’ils dépendent du visa de leurs parents, ils ne peuvent pas travailler du tout aux États-Unis, même avant leurs 21 ans. C’est le plus gros défaut du visa E-2 selon moi.
En savoir plus : le guide complet du visa E-2
Quelle différence entre le visa E-2 et le statut E-2 ?
Certaines personnes déjà sur le sol américain avec un autre statut, un visa B1/B2 ou un visa étudiant par exemple, demandent un changement de statut directement auprès de l’U.S. Citizenship and Immigration Services (USCIS). On parle alors de « statut E-2 » et non de « visa E-2 ». Ce changement est octroyé pour deux ans maximum. Il a un inconvénient majeur à notre avis : ce n’est pas un visa, il ne permet pas de passer de frontière. Vous êtes donc bloqués sur le territoire américain.
En savoir plus : visa E-2 ou statut E-2
Visa E-1 ou visa E-2 : lequel correspond à mon projet ?
Le visa E-1 est le cousin un peu méconnu du visa E-2 : il se concentre sur les activités d’import et d’export d’un entrepreneur avec son pays d’origine. Les opérations doivent être substantielles et avoir lieu à 50 % au minimum avec le pays d’origine du porteur de visa. Le montant que j’ai entendu citer le plus souvent est 100 000 $, non pas d’investissement initial, mais d’import ou d’export annuel pendant la durée du visa.
En savoir plus : le visa E-1
Si j’achète une entreprise et que mon visa est refusé, est-ce que je perds mon argent ?
Ne signez rien sans clause suspensive d’obtention de visa E-2, qu’il s’agisse d’un bail ou d’une acquisition. Si le visa est accepté, le contrat continue. S’il est refusé, tout est annulé et vous êtes remboursé des fonds versés. De plus en plus souvent, le vendeur ou le propriétaire des murs demande une compensation en cas de refus : l’équivalent de 1 à 2 mois de loyer, ou une somme fixe.
En savoir plus : la clause suspensive d’obtention du visa
Mon métier demande une licence aux États-Unis : est-ce un problème ?
L’activité que vous envisagez peut nécessiter une licence parce qu’elle est réglementée : quasi tous les soins à la personne, la plupart des métiers du bâtiment, l’immobilier, le médical. Le hic, c’est que dans la grande majorité des cas, il n’est pas possible d’obtenir cette licence sans Social Security Number, et pour avoir ce numéro, il faut un visa. Chaque État a ses règles : pour certaines licences on obtient des équivalences avec des diplômes français, pour d’autres il faut retourner à l’école.
En savoir plus : visa E-2 et licences
Puis-je acheter une entreprise « absentee owner » et la gérer à distance ?
Je n’y crois pas. Le texte qui encadre le visa E-2 me paraît clair : le propriétaire doit démontrer qu’il développe et dirige personnellement l’entreprise. À mon avis, cela exclut la grande majorité des affaires « absentee owner ». En dessous de 500 000 $, la règle générale est en fait le rachat d’un travail : plus le budget est bas, plus l’implication horaire du dirigeant est grande.
En savoir plus : pourquoi je ne crois pas à l’absentee owner
Le visa E-2 permet-il d’obtenir la carte verte ?
Le visa E-2 ne débouche pas sur la carte verte. Si l’on veut la résidence permanente, il faut trouver une autre voie : procédure EB-1, EB-5, loterie, mariage. Il est possible de jouer à la loterie alors qu’on est aux États-Unis en E-2. Dès l’obtention du visa, il faut se positionner pour obtenir son renouvellement, ou pour trouver une voie vers la carte verte.
En savoir plus : les voies vers la carte verte
Le retour de Trump change-t-il quelque chose pour le visa E-2 ?
Depuis son retour à la Maison Blanche en janvier 2025, le président Trump a repris une ligne restrictive sur l’immigration dans son ensemble. Plusieurs textes visant le H-1B et d’autres visas d’emploi sont en discussion au Congrès, mais à ce jour, aucun de ces projets ne cible directement le E-2. Côté ambassade de Paris, les retours que nous recevons de nos clients restent bons.
En savoir plus : le guide complet du visa E-2
Business plan E-2
Que doit prouver un business plan pour un visa E-2 ?
L’inquiétude de l’administration américaine est simple, et elle ne varie jamais : qu’un candidat qui échoue se retrouve à la charge de la collectivité. Le business plan doit donc démontrer cinq choses. Que le projet est réel, réfléchi, préparé. Que le montant investi est identifié et son emploi détaillé. Que vous avez les compétences pour mener l’affaire. Que l’entreprise aura un impact économique par les emplois créés ou maintenus. Et qu’elle vous fera vivre, vous et votre famille, au-delà d’un simple revenu de subsistance.
En savoir plus : le business plan visa E-2
Comment est structuré un business plan E-2 ?
Le document comporte deux parties. La partie texte présente d’abord le porteur de projet, puis l’affaire elle-même : produits, services, marché, moyens. La partie chiffrée traduit tout cela en tableaux commentés : financement, projection des ventes, emplois et salaires, revenus du demandeur, comptes de résultat et bilans prévisionnels. Le texte annonce, les chiffres démontrent.
En savoir plus : le business plan visa E-2
Sur combien d’années doivent porter les prévisions ?
Les projections d’un business plan E-2 courent sur cinq ans, quelle que soit la durée du visa. Pour une affaire nouvelle, la capacité de l’entreprise à générer plus qu’un revenu minimal doit être atteinte dans les cinq ans qui suivent le début de l’activité. Le visa français est aujourd’hui délivré pour 48 mois. Vos projections, elles, restent sur cinq exercices.
En savoir plus : le business plan visa E-2
Puis-je rédiger mon business plan E-2 moi-même ?
Oui, rien ne l’interdit. Mais cela suppose de savoir quels critères mettre en avant, d’avoir un niveau d’anglais suffisant pour vingt à trente pages de texte comptable et économique, et de maîtriser les modèles de présentation américains, Profit & Loss et Balance Sheet. À mon avis, sur cette pièce précise, l’appui d’un rédacteur spécialisé se justifie. J’ai personnellement rédigé plus de 150 business plans E-2.
En savoir plus : le business plan visa E-2
Combien coûte la rédaction d’un business plan E-2, et en combien de temps ?
Forfait de 2 800 $. Comptez 10 à 15 jours à partir du moment où l’ensemble des documents est réuni. La rédaction se fait dans le cadre d’un accompagnement par un avocat en immigration.
En savoir plus : nos services
Quelles sont les erreurs les plus fréquentes dans un business plan E-2 ?
Sur les business plans qu’on m’a demandé de reprendre, deux erreurs reviennent plus que toutes les autres. La première : des chiffres présentés dans des tableaux incompréhensibles, où l’on ne suit pas la logique de l’auteur. La seconde tient de l’anecdote, mais je l’ai vue plusieurs fois : un balance sheet qui n’est pas équilibré, avec un total de l’actif différent du total du passif. Ça tient du gag, mais c’est très clairement disqualifiant. Viennent ensuite les erreurs de fond : la marge qui n’existe pas, les effectifs qui ne collent pas au métier, le prévisionnel bancaire recyclé, le copier-coller d’un autre projet.
En savoir plus : le business plan visa E-2
Comment se répartit le travail entre vous et mon avocat en immigration ?
Le plus souvent, le client commence par nous. Selon les cas, notre intervention comprend une prestation de consulting et la rédaction du business plan. Si le projet est déjà réfléchi et bouclé, le business plan seul suffit. Le consulting se chiffre au cas par cas, selon le degré de maturité du dossier. Nous ne sommes pas avocats et nous ne donnons pas de conseil juridique. Le dossier de visa lui-même, les formulaires et la préparation à l’entretien consulaire relèvent de l’avocat en immigration. Nous en recommandons régulièrement plusieurs. Le choix revient au client.
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Créer ou racheter une entreprise
Vaut-il mieux créer ou racheter une entreprise pour un visa E-2 ?
Voici ce que je pense des chances de succès, du plus sûr au plus risqué : reprise d’une affaire existante dans une franchise établie, reprise d’une affaire existante hors franchise, création en franchise, création d’une affaire indépendante. Créer une entreprise est beaucoup plus risqué et demande du temps pour être rentable : il faut prévoir le capital pour cela. Dans ce cas, être un professionnel du domaine est à mon avis indispensable.
En savoir plus : succès et échecs en visa E-2
Franchise ou affaire indépendante : qu’est-ce qui marche le mieux ?
Je parle ici de franchises américaines établies depuis longtemps, pas de la franchise créée par un Français nouvellement arrivé avec deux points de vente. Une franchise peut vous aider : les processus sont établis, la marque est connue, le marketing est géré, vous avez quelqu’un vers qui vous tourner. Toutes les franchises ne se valent pas : il existe de nombreux éléments pour les comparer, et c’est l’une de nos spécialités. La reprise d’une entreprise indépendante fonctionne aussi généralement très bien, à condition qu’elle ait un historique rentable, une bonne documentation financière, un loyer supportable, et qu’elle ne dépende pas trop de la personnalité du dirigeant.
En savoir plus : succès et échecs en visa E-2
Combien vais-je gagner en rachetant un business ?
Il n’y a pas de vraie réponse à cette question. Le Owner Benefit reste un calcul théorique, basé sur le passé : un revenu « si tout se passe bien ». Dans les dossiers sur lesquels j’ai travaillé, la répartition est à mon avis la suivante : 25 % gagnent beaucoup plus que le propriétaire précédent, 50 % gagnent à peu près pareil, 25 % gagnent moins. Prenez une marge de sécurité : achetez un business qui dégage 20 % de plus que ce dont vous avez besoin pour vivre, après votre validation des chiffres.
En savoir plus : le revenu d’un business racheté
Je n’ai jamais travaillé dans la restauration : puis-je reprendre un restaurant ?
J’ai été sollicité de nombreuses fois pour des créations ou des reprises de restaurants par des personnes sans expérience du métier. Leur projet n’est pas impossible, mais ce sera beaucoup plus difficile. Pour un restaurant traditionnel français, selon moi, les chances de succès sont multipliées par 10 si le chef est le propriétaire. Sinon, le propriétaire est pieds et poings liés avec un chef, et dépendant d’une main-d’œuvre rare et chère.
En savoir plus : succès et échecs en visa E-2
Comment choisir mon business broker ?
La première règle à mon avis est d’en consulter plusieurs. Assurez-vous de son professionnalisme en posant quelques questions claires. A-t-il une licence qui l’autorise à faire du business brokerage ? Est-il membre de l’association de business brokers de son État ? Connaît-il le processus du visa E-2 ? Travaille-t-il avec un avocat en immigration, un avocat d’affaires, un CPA, un rédacteur de business plan spécialisé ? Si on vous dit qu’il n’y en a pas besoin : fuyez.
En savoir plus : choisir son business broker
Pourquoi certains échouent-ils après avoir obtenu leur visa E-2 ?
Je parle ici de personnes qui ont obtenu le visa, créé ou repris une entreprise, puis ont dû repartir, souvent dans les deux ans, parce qu’elles ne pouvaient pas vivre de leur affaire. La plupart des échecs que nous avons vus tiennent à quatre causes : aucune expérience d’entrepreneur ni de management, un loyer beaucoup trop élevé par rapport au business, aucune compétence dans le domaine de l’entreprise, pas assez de fonds de côté pour les imprévus. S’y ajoutent un concept qui ne plaît pas aux Américains, zéro budget marketing, et la volonté de faire « comme en France ».
En savoir plus : succès et échecs en visa E-2
Acheter et valoriser une entreprise
Comment se calcule le prix d’une petite entreprise aux États-Unis ?
On estime très souvent une affaire en multiple du « Owner Benefit », aussi appelé Seller Discretionary Earning (SDE). C’est le cash que le propriétaire retire de son affaire, sous forme de salaire, de dividendes ou de charges personnelles prises en charge par l’entreprise : résultat net plus « add backs ». En moyenne, je retiens 2,3 fois le SDE, et entre 2 et 3 selon la qualité de l’affaire, l’industrie, la localisation, la franchise ou non, l’état des équipements. Dans certains secteurs, le multiple peut aller jusqu’à 7. Il faut trois années de comptabilité pour analyser ce point.
En savoir plus : la valorisation d’une entreprise
À quel prix se vendent les entreprises aux États-Unis en ce moment ?
Au 2e trimestre 2026, le prix de vente médian national est de 349 250 $, pour un cash flow médian de 155 921 $ (source : BizBuySell). Pour ma part, je retiens un multiple moyen de 2,3 fois le cash flow, entre 2 et 3 selon l’affaire. Attention : ces moyennes nationales recouvrent des écarts considérables. Une entreprise avec des comptes propres, une faible dépendance au dirigeant et un chiffre d’affaires récurrent se vend bien au-dessus. Une affaire mal préparée se vend en dessous, ou ne se vend pas.
En savoir plus : les prix de vente des entreprises
Peut-on négocier le prix d’un business comme en France ?
La négociation est culturelle en France, ce n’est pas forcément le cas aux États-Unis. Un vendeur qui a fixé un prix justifié sera généralement peu enclin à négocier, ou seulement dans une très faible mesure. Si la valorisation est correcte, que les éléments semblent sains et qu’il y a peu d’entreprises qui correspondent à vos critères, je vous conseille de ne pas faire une offre basse : cela ne servira à rien. Le prix offert n’est définitif qu’après la fin de la due diligence.
En savoir plus : négocier ou non le prix
Que faut-il vérifier pendant la due diligence ?
La due diligence consiste à demander au vendeur les informations qui valident ce qu’il vous a dit. Il vous faut le bilan, le compte de résultat, un tableau de trésorerie et les déclarations fiscales de l’entreprise pour les 3 dernières années. Il faut impérativement récupérer aussi les relevés bancaires et, d’une certaine façon, refaire plus ou moins la comptabilité, pour s’assurer qu’elle a été faite correctement. Il faut aussi les contrats avec des tiers, les informations sur les employés, la structure juridique, les stocks, les fournisseurs, la base client et le matériel. Le business broker vous aide, mais il faut en plus consulter un CPA, et souvent un avocat d’affaires pour le bail commercial.
En savoir plus : la due diligence
Si l’affaire marche bien, pourquoi le vendeur vend-il ?
C’est la question qui revient systématiquement dans les transactions que je traite. Il y a des raisons légitimes : retraite, déménagement du conjoint, divorce, maladie, envie de passer à autre chose. Et des raisons moins légitimes, donc souvent cachées : un gros concurrent arrive dans le secteur, le business perd de l’argent malgré des chiffres positifs, le bail va bientôt expirer. Dans un rachat d’entreprise, on ne « croit » pas l’autre. On vérifie, on recoupe.
En savoir plus : pourquoi le vendeur vend
Le vendeur m’annonce du chiffre d’affaires en cash non déclaré : est-ce un problème ?
Je suis assez souvent confronté à ce phénomène : une partie du chiffre d’affaires, généralement en espèces, qui n’apparaît pas dans les chiffres officiels. Si l’acheteur demande un visa E-2, ces mauvais chiffres officiels seront un problème pour présenter le dossier à l’ambassade, avec un risque de refus accru. Un bon business plan ne peut pas tout régler. Cela pèse aussi sur le prix et sur la confiance entre acheteur et vendeur.
En savoir plus : chiffre d’affaires non déclaré et visa E-2
Quel loyer commercial puis-je accepter ?
Les loyers commerciaux élevés font des victimes tous les jours aux États-Unis. Des entreprises disparaissent non parce qu’elles ne sont pas rentables, mais parce qu’elles ne le sont pas assez par rapport au loyer. Exemple : un coffee shop à 12 000 $ de loyer par mois pour à peine 500 000 $ de chiffre d’affaires annuel, soit 28 %. C’est intenable. En restauration et en retail, je recommande de ne pas dépasser 10 à 12 % du chiffre d’affaires. Dans les autres secteurs, le poids du loyer se calcule autrement. Et aux États-Unis, on ne sort pas d’un bail commercial : si vous ne pouvez pas payer, au final vous payerez quand même.
En savoir plus : visa E-2 et loyer commercial
Un bail commercial américain, c’est comme un 3-6-9 français ?
Oubliez le 3-6-9 français et les protections qu’il donne au locataire. Beaucoup de points sont réglés par la loi en France, alors qu’aux États-Unis ils sont réglés par le contrat : le locataire n’est pas protégé, le propriétaire oui. Le droit au renouvellement n’existe pas. Si rien n’a été prévu, à l’issue de la durée, le bail est simplement fini. La durée que j’ai beaucoup vue est 5 ans. Un bail commercial mal négocié, ou pas lu, est l’une des sources de difficultés que nous avons le plus souvent vues chez les Français aux États-Unis.
En savoir plus : bail commercial américain et bail français
C’est quoi un escrow account, et mon argent y est-il en sécurité ?
Un compte séquestre est un compte détenu par une tierce partie, qui conserve des fonds jusqu’à ce que certaines conditions soient remplies. Pour un visa E-2, le prix de l’entreprise y est placé, puis débloqué à la clôture de la transaction, sous réserve de l’obtention du visa. Si cette condition n’est pas remplie, l’acheteur récupère son argent. Vérifiez que les professionnels qui tiennent le compte sont bien ce qu’ils prétendent être : avocats ou courtiers agréés.
En savoir plus : les comptes séquestres
Où trouver des annonces sérieuses d’entreprises à vendre ?
En Floride, sur le site de l’association Business Brokers of Florida : les affaires y sont répertoriées par un business broker, c’est-à-dire un professionnel dont le métier est de vendre des entreprises. Toutes les transactions que j’ai réalisées en Floride provenaient de ce site. Sur d’autres sites, on trouve souvent des annonces aux valorisations non justifiées. Je ne les exclus pas, mais j’y consacre peu de temps. BizBuySell a l’avantage de couvrir tous les États-Unis, mais il faut en vérifier les annonces avec encore plus de précautions.
En savoir plus : pourquoi je privilégie Business Brokers of Florida
Peut-on obtenir un prêt SBA pour racheter une entreprise en visa E-2 ?
Non. Un demandeur de visa ne peut plus obtenir de prêt SBA, à quelque titre que ce soit. Depuis mars 2026, l’entreprise ne doit compter aucun actionnaire étranger, même à 1 %. Un détenteur de carte verte n’y a plus accès non plus : il faut être citoyen américain. Les financements que nous voyons parfois viennent de banques françaises. Ce sont souvent des prêts hypothécaires adossés à une résidence que le client possède en France.
Source officielle : Small Business Administration, 9 mars 2026
Vivre aux États-Unis
Combien faut-il gagner pour vivre aux États-Unis ?
Cette question est dans le top 5 de celles qu’on me pose, et il n’y a pas une seule réponse : il ne faut pas le même revenu à New York, Palo Alto, Miami ou Orlando. Quand on parle revenu avec mes clients, je leur indique qu’il faut gagner deux à trois fois ce qu’ils gagnent en France pour garder à peu près le même niveau de vie.
En savoir plus : le revenu pour vivre aux États-Unis
Avec un visa E-2, comment je m’assure pour la santé ?
Avoir un numéro de sécurité sociale ne veut pas dire avoir une assurance santé : pour quelqu’un en activité, il faut souscrire une assurance privée. Pour une famille de quatre personnes, prévoyez au minimum 1 500 $ par mois, et souvent bien au-delà selon les options choisies, à commencer par la franchise (deductible). À partir du 1er janvier 2027, les détenteurs de visa n’ont plus accès aux subsidies d’Obamacare. Personnellement, je recommande quand même de passer par la marketplace : cela reste des contrats Obamacare, sans les subsidies. Obamacare, cela veut dire pas de plafond, pas d’exclusion, et un certain nombre de postes pris en charge, comme la grossesse. Ce budget doit figurer dans vos prévisions personnelles dès le business plan.
Source officielle : HealthCare.gov, couverture des immigrants en séjour régulier
Comment obtenir un credit score quand on arrive ?
Le credit score est une note calculée à partir de votre historique financier aux États-Unis. Pour en avoir un, il faut déjà un Social Security Number. Le hic : pour avoir un credit score il faut des crédits, et pour avoir des crédits il faut un credit score. La solution qu’on m’a indiquée est la « secured credit card », une carte de crédit garantie par un placement. Et surtout, aucun retard de paiement.
En savoir plus : le credit score
Quel comptable choisir : CPA, Enrolled Agent ou bookkeeper ?
Aux États-Unis, le mot « comptable » ne veut rien dire en soi : « accountant » n’est pas un titre protégé. Le CPA est l’équivalent le plus proche de notre expert-comptable. Pour un entrepreneur en visa E-2 qui reprend ou crée une petite entreprise, l’organisation que je recommande depuis des années : un bookkeeper, idéalement certifié, pour la tenue quotidienne des livres, et un CPA pour les déclarations fiscales et les choix de structure. Si vous gardez des attaches en France, prenez un cabinet qui connaît la convention franco-américaine.
En savoir plus : CPA, Enrolled Agent, bookkeeper
Mes enfants ne parlent pas anglais : comment ça se passe à l’école ?
Pour l’école publique, qui a été notre choix, tout dépend de votre adresse. Pour un enfant dont la langue maternelle n’est pas l’anglais, il existe un programme d’intégration, English as a Second Language. Il est là pour les enfants qui arrivent d’un autre pays, et il est gratuit. Cela nous a demandé de beaucoup plus nous impliquer dans les devoirs, surtout au début, avec le problème de la langue. Cela dépend aussi des secteurs : ce que j’ai connu, c’est la Floride, dans un quartier assez favorisé. Mais dans la grande majorité des cas, la langue a rarement été un problème, et plus l’enfant est jeune, mieux ça se passe. C’est plus délicat à l’adolescence.
En savoir plus : l’école aux États-Unis
Mes diplômes français sont-ils reconnus ?
Il m’a fallu passer par un organisme de « credentials », World Education Services, qui délivre des équivalences : tel diplôme français équivaut à tel diplôme américain. Les universités demandent ce document, certains employeurs aussi. Mieux vaut s’y prendre à l’avance : dans mon cas, un peu compliqué il est vrai, j’ai mis 18 mois. Mon premier conseil : ne jetez pas vos relevés de notes.
En savoir plus : valider ses diplômes
Réponses rédigées par Sylvain Perret, Certified Business Intermediary (CBI), broker licencié en Floride et en Caroline du Nord. Dernière mise à jour : octobre 2026.