Visa E2 USA: Quel revenu vais-je gagner avec ce business ?

Dernière mise à jour le 28 September 2022

Combien vais-je gagner si j’achète ce business et que j’obtiens un visa E2 ? Quel sera mon “salaire” ? Est-ce que ce revenu suffira pour vivre ? Ces questions me sont posées très régulièrement.

Entrepreneur et sécurité de salaire ne riment pas.

Tout d’abord, cela sonnera comme une évidence pour ceux d’entre vous qui sont déjà entrepreneurs, sécurité et entrepreneuriat ne riment pas. Quand on devient entrepreneur, on doit valider le fait qu’on est jamais sûr qu’on aura un revenu le mois suivant. Ceci est à pondérer forcément, selon la taille et l’âge de l’entreprise, selon le type de business aussi. La saisonnalité a parfois une incidence : dans certains secteurs de Floride, il faudra faire des réserves en saison haute car la saison basse peut être… très basse. Certains business aussi sont moins risqués que d’autres. Certains ont un modèle économique récurrent. Par exemple, je cite souvent les coiffeurs. Le gros avantage, pour les coiffeurs, c’est que les cheveux, ça repousse, il faut donc aller chez le coiffeur régulièrement, même en période de crise. Si vous êtes un bon professionnel, que vous avez un emplacement correct, le risque sera modéré. A l’opposé, si vous créez un business avec un produit nouveau, surtout s’il est “révolutionnaire”, il faudra le faire connaître, créer le besoin, parfois faire le buzz et là, votre “salaire”, personne ne pourra prédire quand vous pourrez le prendre.

Aussi, à mon avis, plusieurs conséquences :

  • Si vous êtes d’un naturel stressé, posez-vous la question si vous supportez cela,
  • Si vous venez en couple, généralement, l’un de vous sera porteur du visa E2 et l’autre obtiendra un permis de travail, Employment Authorization Document (EAD), qui lui permettra de travailler à l’extérieur du business en tant que salarié. Cela peut permettre de stabiliser les revenus du foyer,
  • Enfin, prévoyez une réserve d’argent, si le démarrage ne se passe pas comme prévu et que vous ne pouvez pas vous prendre de salaire les premiers mois, il faut que vous puissiez faire face à vos dépenses.

Visa E2 : Le parcours

Le passé ne présage pas l’avenir en matière de revenus des entrepreneurs, aux USA comme ailleurs.

Alors, on part quoi qu’il en soit dans l’inconnu ? Non, pas forcément. Ce qui doit être fait, lors d’un rachat d’entreprise, à travers différents calculs, c’est déterminer ce qu’a gagné le business owner sur les dernières années et comment cela a été réalisé. Il faut comprendre et valider le “business model”, comment ce business fait de l’argent, combien, est-ce que ça devrait continuer, quels sont les risques ????

On ne philosophe pas dans l’inconnu, il existe des normes. Quelques exemples :

  • Les boulangeries font en général 72% de marge brute,
  • Idéalement, le loyer d’un business ne devrait pas dépasser 10 à 12% du chiffre d’affaire,
  • Dans la restauration classique, il y a généralement besoin d’une personne à plein temps par tranche de 80 à 100 000$ de chiffre d’affaire,
  • Dans un pack and ship business (sorte de bureau de poste privé), c’est bien quand les locations de boîtes postales représentent au minimum 50% du loyer…

Ces normes, on les apprend avec l’expérience et elles sont souvent identiques d’un côté à l’autre de l’atlantique. En tant que business broker, j’ai aussi accès à beaucoup de documentation via les associations auxquelles j’appartiens.

On va donc analyser les chiffres (on verra plus bas cette analyse dans le détail) et en tirer un revenu pour le propriétaire, voire s’il est bien récurrent sur les années précédentes et essayer d’extrapoler le futur.

Le hic, c’est que dans les affaires, le passé présage rarement le futur. En matière de business, le “ça se passe toujours comme cela” et le “y’a pas de raison que ça change” n’existent pas. Parlez-en aux maréchaux-ferrants en début de 20ème siècle avec l’arrivée de la voiture, ou, plus récemment, aux boutiques de locations de k7/DVD avec l’arrivée de Netflix…

Blockbuster fail

Comment calculer ce qu’a gagné le propriétaire-dirigeant de l’entreprise que je veux racheter

Préambule : l’explication ci-dessous va manier des notions de gestion et des notions comptables. J’ai essayé de faire le plus didactique possible. Dans un premier temps, je vais expliquer comment est fait le calcul pour arriver au Owner Benefit, ensuite je listerais les limites du calcul et les précautions à prendre. Le but étant que vous arriviez à un stade ou vous avez compris comment fonctionne le business que vous souhaitez racheter et ce qu’il génère comme revenu, et que vous validiez ce chiffre. Si vous avez de réelles difficultés par rapport à ce calcul, je ferais bientôt une vidéo sur le sujet. Si vous n’avez aucune notion de gestion ou de comptabilité, si vous n’avez aucune expérience d’entrepreneur, mon conseil est de vous y mettre vite, de lire des livres sur ce sujet, de vous former. Gérer un business, c’est servir ses clients, être bon dans son métier, c’est aussi maîtriser un minimum de gestion. Il y a un adage en France à ce sujet “Confondre chiffre d’affaire et bénéfice”. Ne soyez pas dans cette situation….

Owner benefit

Owner Benefit : définition

Le Owner Benefit, c’est le revenu annuel que le propriétaire peut prendre de son affaire. Il est aussi appelé parfois : Adjusted Net, Seller Discretionary Earning, cash flow (je n’aime pas cette appellation car elle prête à confusion). En France, on voit parfois l’appellation “Excédent Brut d’Exploitation retraité”, cela me semble assez proche. Il sera toujours calculé pour un propriétaire qui travaille à plein temps dans le business (Owner Operator). Il faut bien comprendre comment il est calculé de façon standard pour en tirer des conclusions. Sur ce site, une définition en anglais.

Owner benefit : le calcul

Le calcul du Owner Benefit se fera toujours à partir du Net Profit (Résultat Net) de l’entreprise. A ce chiffre de départ, on ajoute ou soustrait un certain nombre de montants, que l’on appelle Add Backs (retraitements).

Les Add Backs

Les Add Backs les plus fréquents sont:

  • Le salaire du dirigeant/propriétaire (owner salary) : En effet, si le dirigeant/propriétaire se paye sous forme de salaire tous les mois, il faut le rajouter car ce salaire a été déduit pour calculer le Net Profit, or, c’est clairement un revenu pour lui. (Si le propriétaire ne se verse pas de salaire, c’est qu’il se paye “sur les bénéfices”, en dividendes en quelque sorte),
  • Les amortissements (depreciation, amortisation) : il s’agit de charges purement fiscales, non décaissées. Elles ont diminué le Résultat Net alors qu’elles n’ont fait l’objet d’aucun paiement effectif (à ne pas confondre avec la partie “amortissement” d’un crédit bancaire, ce sont deux choses qui n’ont rien à voir),
  • Les intérêts bancaires : Ils sont rajoutés aussi car le postulat est que l’acheteur paie le business comptant,
  • Les charges exceptionnelles non récurrentes : Elles n’ont pas vocation à se répéter et donc peuvent être réintégrées
  • Les modifications substantielles ayant un impact dans le futur (hausse de loyer à venir par exemple)
  • Les charges à caractères personnelles passées en charges dans le business.
  • On voit souvent un add back appelé “Other” et malheureusement il y a souvent des abus sur ce point où on essaye de nous faire avaler des couleuvres.

Un exemple de calcul de Owner Benefit :

Mr Ex Patrice, appelé Pat par ses proches, veut racheter une boulangerie à Ste Lucie, Floride.

Les chiffres de la boulangerie sont les suivants :

Chiffre d’affaire (Gross Sales)

$500,000

Coût des matières (Cost of Goods Sold)

$140,000

Marge Brute (Gross Margin)

$360,000

Autres charges (Expenses)

$345,000

Bénéfice Net (Net Profit)

$15,000

Le broker du vendeur donne comme ces informations additionnelles :

  • Le dirigeant s’est versé $75,000 de salaire sur l’année,
  • Un amortissement de matériel a été comptabilisé pour $4,000,
  • Une charge d’intérêt de $2,000 a été comptabilisée correspondant à un petit crédit sur un pétrin qui sera remboursé par le vendeur avant la vente,
  • Un très violent orage a entraîné une surtension et a grillé plusieurs machines. Pas très bien assuré, cela a entraîné une charge exceptionnelle de $10,000. Le propriétaire a depuis équipé le business de protection anti foudre très importantes,
  • Le propriétaire des murs a informé le vendeur de l’affaire qu’en cas de vente, il augmenterait le loyer de $1,000 par mois,
  • Le propriétaire du business a passé dans les charges de l’entreprise des charges personnelles (Son assurance santé personnelle et son téléphone mobile personnel) pour $6,000.

Calcul du Owner Benefit de la Boulangerie de Mr Ex Pat:

Bénéfice Net

$15,000

  • Salaire du propriétaire

+ $75,000

  • Amortissement

+$4,000

  • Intérêt

+ $2,000

  • Charge Exceptionnelle

+ $10,000

  • Loyer additionnel à payer dans le futur

-$12,000

  • Charges Personnelles déduites

+ 6,000

Owner Benefit

$100,000

Ce cas est simplifié mais j’ai essayé d’y inclure tous les cas de figure. Il y en a rarement autant dans les cas réels.

Visa E2 salaire

Les limites du calcul du Owner Benefit

Après des années de pratiques et l’analyse de centaines de dossiers vis à vis de ce calcul, voici les limites que j’y vois :

  • Ce résultat est un résultat en cash, en flux d’argent. Il faut bien garder en tête que le cash généré par un business ne servira pas qu’à payer son dirigeant : la modification de cycle d’exploitation (Besoin en fond de roulement par exemple) aura un impact. Exemple : vous rachetez un business qui bénéficie d’un délai de paiement de 3 semaines de la part des fournisseurs. Vous n’avez pas de credit score, pas de credit history, vous allez devoir payer “au cul du camion” : le flux de cash en sera impacté…
  • Dans ce calcul, on neutralise les amortissements. Pas de soucis pour les business qui ont besoin de peu renouveler les investissements. Mais dans un business comme une imprimerie, par exemple, où il faut toujours avoir du matériel récent, il faudra consacrer une partie du cash généré à renouveler le matériel.
  • On part du principe que l’année à venir ressemblera à l’année passée. Or, on sait que lors de la reprise d’un business on perd systématiquement un peu de clientèle. Cela va dépendre de l’activité mais dans la restauration (qualité du chef) ou dans la coiffure (qualité du coiffeur), ça peut être une perte lourde d’activité.
  • Je vois souvent des affaires dites “absentee owner”, c’est à dire que le propriétaire ne travaille pas du tout dans l’affaire et parfois habite à des milliers de km (souvent vrai pour des franchises achetées comme investissement). Dans ce cas, on fait un add back du salaire du manager car vous allez remplacer cette personne. Il faut être très prudent sur ce montant.
  • Le pire Add Back que je vois souvent, les “cash sales” qui sont rajoutées, souvent en “Other”. Cela correspond à faire valider les ventes en espèces non déclarées (le “black”). Si cela représente 5% du CA : pourquoi pas. Si comme parfois on essaye de me faire croire que c’est 50% du chiffre qui n’est pas déclaré…. là je dis NON. Le vendeur ne peut pas gagner sur tous les tableaux (cf cet article sur le sujet du CA non déclaré).

Mes conseils vis à vis du Owner Benefit

Dans le but de faire une reprise la plus sécurisée possible, voici ce que je conseille :

  • Le calcul du Owner Benefit doit être discuté, validé, refait par le CPA en charge de vos due diligence. C’est loin d’être une sécurité absolue mais il faut que vous compreniez ce chiffre, que vous vous l’appropriez.
  • Le calcul sur la dernière année ne suffit pas. Je conseille de le faire sur les 3 dernières années et de voir la tendance. Une très forte augmentation l’année avant la vente peut cacher un “habillage” de bilan. On veut faire la mariée trop belle. Voire (comme je l’ai vu très récemment) la marge brute passer à 62% la dernière année alors qu’elle était à 54% toutes les années précédents doit mener au minimum à poser des questions.
  • Prenez une marge de sécurité : Vous avez calculé que vous aurez besoin de $65,000 annuel pour vivre ? Achetez un business qui dégage 20% de plus après votre validation des chiffres. Comme cela, vous aurez de la marge pour les imprévus, il y en a toujours. Faites des hypothèses basses, si le business perd 20% de sa clientèle : Quel impact pour moi ? Quel revenu ? Est ce que ce sera suffisant ?
  • Mettez vous “dans les chaussures du vendeur”, au moins les premiers mois. Si vous révolutionnez tout, le modèle économique du business que vous avez acheté ne sert plus à rien.
  • Toujours se poser la question “Pourquoi vend-il son entreprise ?” 
  • Vérifiez que le Owner Benefit vous suffira pour vivre, pour payer vos loyers, remplir le frigo et le réservoire de la voiture, payer une assurance santé, les vêtements des enfants (qui grandissent toujours trop vite)….. Lire notre article sur la comparaison revenu USA / France.

Conclusion sur le Owner Benefit

Comme vous l’avez lu plus haut, il n’y pas de vrai réponse à “Combien vais-je gagner par mois en rachetant ce business ?”. Mais, en comprenant comment le business fonctionne, comment les flux financiers se font, vous aurez une meilleure idée des risques que vous prenez et du revenu que vous pouvez espérer si vous vous vous impliquez correctement.

Le Owner Benefit reste un calcul théorique, basé sur le passé, un revenu “si tout se passe bien”. Sans pouvoir rentrer dans le détail pour des raisons évidentes de confidentialité, je dirais que dans les dossiers sur lesquels j’ai travaillé (comme business broker, comme consultant, ou juste pour la rédaction du business plan pour le visa E2), la répartition est à mon avis ainsi :

  • 25 % qui gagnent beaucoup plus que le propriétaire précédent (ils ont bien amélioré le business)
  • 50 % gagnent à peu près pareil,
  • 25 % gagnent moins (et certains, rares heureusement, beaucoup moins).

Objectif USA est là pour vous aider dans ce processus et nous passons beaucoup de temps avec nos clients pour les aider à appréhender ce point précis.

 

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Sylvain PERRET

Sylvain PERRET vit aux États-Unis depuis 2010 où il a créé plusieurs entreprises avec son épouse. Après 17 ans dans la banque au contact des entreprises, il a créé l'agence Objectif USA dans laquelle il exerce en tant que business broker, real estate broker, business consultant et rédacteur de business plan. Il a accompagné de nombreux Francophones vers le succès dans leurs projets de création ou de reprise d'entreprise aux USA. Il est certifié CBI (Certified Business Intermediary) par l'International Business Brokers Association. Il a reçu par 3 fois le Million Plus Dollar Award remis par l'association Business Brokers of Florida. Il est régulièrement consulté sur les problématiques d'immigration aux USA et son article "Visa E2 : Tout savoir, tout comprendre" fait office de référence avec plus de 10000 consultations par an. Il est l'auteur du livre "S'expatrier aux USA grâce aux visas d'entrepreneurs", ISBN 979-1026287698 Sylvain Perret est sur Linkedin et Twitter

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