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Quel montant minimum faut-il pour s’expatrier aux USA avec un visa E2 ?

14 min

Budget visa E2 USA

Dernière mise à jour le 4 octobre 2026

On me pose cette question à chaque conférence, à chaque premier entretien avec un futur client, et sur tous les forums où j’interviens. Autant le dire tout de suite : il n’y a pas une réponse, il y a des réponses, adaptées à chaque projet. Ce que je peux faire, en revanche, c’est vous donner les ordres de grandeur réels et les postes de budget que presque tout le monde sous-estime. J’avais écrit cet article en 2016 ; je le remets à jour en 2026, et autant vous prévenir : les montants ont doublé. Les dossiers à 50 000 $ dont je parlais à l’époque, je n’en vois plus. Le coût du visa lui-même, le prix des entreprises à la vente et l’assurance santé ont tous les trois changé d’échelle.

Y a-t-il un montant minimum pour un visa E2 ?

montant minimum visa E2

Si vous cherchez un montant minimum inscrit dans le texte qui encadre le visa E2, la réponse est non. Le règlement (8 CFR 214.2(e)(14)) demande un investissement « substantiel », et même la définition de ce mot se discute. Personnellement, je le prends au sens « proportionné au projet ». Créer un garage automobile à partir de zéro ne demande pas le même investissement en cash que de monter un cabinet de consulting. Dans ce dernier cas d’ailleurs, on a souvent du mal à déterminer dans quoi l’argent sera dépensé, car il suffit à certains professionnels d’un ordinateur pour travailler.

Ce que l’administration applique, c’est un test de proportionnalité : plus le coût total de l’entreprise est faible, plus votre apport doit en représenter un pourcentage élevé. 150 000 $ sur un projet qui en coûte 180 000 $, c’est substantiel. Les mêmes 150 000 $ sur un projet à 1,5 million, ça ne l’est plus. Il faut donc un montant réaliste face au projet, pas un montant « qui passe ».

Pour revenir au montant plancher, voici mon expérience directe. Quand j’ai écrit cet article en 2016, j’avais travaillé sur des dossiers de 50 000 $, de 52 000 $ et de 59 000 $, et tous les trois avaient été acceptés. J’entendais même parler de dossiers à 30 000 $, sans pouvoir les confirmer puisque ce n’était pas moi qui les traitais.

C’est ce point qui a le plus changé, et il faut que ce soit clair : sur les dossiers que je traite depuis 2024, je dirais 100 000 $ au minimum, 150 000 $ pour être confortable, et les projets montent jusqu’à 500 000 $. J’ai encore vu passer récemment des dossiers à 80 000 $, mais ce sont des exceptions. Les 50 000 $ d’il y a dix ans n’existent plus dans ma pratique. Plusieurs choses se sont additionnées : le prix des entreprises à racheter a monté, le coût de la vie aussi, et un dossier trop léger passe désormais beaucoup plus mal en entretien. La règle de fond, elle, n’a pas bougé d’un pouce : plus le montant est faible, plus c’est risqué, pour l’obtention du visa comme pour la suite, c’est-à-dire votre vie ici.

Si vous arrivez avec 60 000 $, je préfère vous le dire tout de suite plutôt que de vous le laisser découvrir après six mois de préparation : ce n’est plus le marché.

Ce que coûte le visa lui-même en 2026

Avant même de parler d’investissement, il y a les frais de dossier, et ils ont augmenté. Ils se paient par personne, conjoint et enfants compris.

PosteMontant 2026Qui paie
Frais de demande de visa (MRV, catégorie E)315 $Chaque demandeur, au dépôt
Visa Integrity Fee (nouveau)250 $Chaque demandeur, à la délivrance du visa
Frais de réciprocité0 $ pour les FrançaisVariable selon la nationalité
Avocat en immigration7 000 à 15 000 $Le dossier, pas la personne

Le Visa Integrity Fee est la nouveauté à connaître : créé par la loi budgétaire américaine du 4 juillet 2025, il s’applique aux visas délivrés depuis le 1er octobre 2025, il est indexé sur l’inflation chaque année, et il se paie au moment où le visa est émis, pas au dépôt. Un remboursement est théoriquement prévu pour ceux qui repartent dans les temps sans violer leur statut, mais la procédure n’est à ce jour pas définie : considérez ces 250 $ comme dépensés. Pour une famille de quatre, on arrive donc à environ 2 260 $ de frais consulaires, avant honoraires d’avocat.

Du montant investi dépendra votre revenu futur

Dans le cadre d’une reprise d’entreprise, j’indique souvent que le prix d’un business se situe entre 2 et 4 fois le revenu annuel qu’il dégage pour son propriétaire (le SDE, seller’s discretionary earnings). Les chiffres du marché 2026 confirment cet ordre de grandeur et permettent de l’affiner : les entreprises dégageant moins de 500 000 $ de revenu annuel se vendent en moyenne 2,3 fois ce revenu, entre 2 et 3 selon la qualité de l’affaire, l’industrie, la localisation, la franchise ou non, l’état des équipements ; celles qui dépassent 500 000 $ montent à 3,5 ou 4,5 fois. Sur l’ensemble du marché « Main Street », l’entreprise médiane s’est vendue 349 000 $ en 2026, pour un revenu propriétaire médian d’environ 156 000 $.

Concrètement : si vous souhaitez un revenu de 80 000 $ par an, le montant de rachat à envisager se situe entre 160 000 $ et 240 000 $, autour de 185 000 $ pour une affaire dans la moyenne du marché, davantage si elle dispose de matériel, de contrats en cours ou d’un emplacement de valeur. C’est le même raisonnement dans le cadre d’une création, mais il faut prévoir en plus la période de lancement avant que l’entreprise n’atteigne sa vitesse de croisière. Ce ratio reste indicatif : il varie selon les activités et selon des paramètres internes à l’entreprise (emplacement, état du matériel, dépendance au propriétaire, contrats en cours).

Penser dégager 80 000 $ par an en investissant 50 000 $ au départ me paraît très difficile, voire utopique. Je n’ai pas dit « impossible », mais je ne l’ai encore jamais vu.

80 000 $ par an à Raleigh et 80 000 $ par an à San Francisco, ce n’est pas la même vie

Coût de la vie aux Etats-Unis

Puisque de l’investissement dépendra votre revenu, il faut préciser que la localisation aura elle aussi un impact très fort sur votre qualité de vie. J’aime beaucoup la Californie, par exemple… pour les vacances. Y vivre, très peu pour moi, ou alors il faudrait que les revenus suivent, ce qui n’est pas évident. J’estime avoir une vie agréable liée au fait que nos revenus sont confortables… pour la Caroline du Nord ! Avec ce même revenu à San Francisco, notre vie serait plus compliquée, ou alors il faudrait travailler deux fois plus, ce qui me paraît difficile (ceux qui me connaissent bien comprendront).

C’est l’une des raisons qui nous ont fait privilégier Orlando plutôt que Miami lorsque nous avons décidé de faire le grand saut en 2010. Et c’est le même raisonnement qui nous a conduits, des années plus tard, à nous installer à Raleigh, en Caroline du Nord. On ne choisit pas seulement un climat ou une jolie ville : on choisit le rapport entre ce que l’on gagne et ce que l’on dépense. Pour comparer le coût de la vie entre villes américaines, amusez-vous avec cet outil : le calculateur de coût de la vie de Bankrate.

Un ordre de grandeur qui a beaucoup bougé depuis la première version de cet article : en 2016, on louait une townhome dans un lotissement avec piscine commune à Orlando pour 1 300 $ par mois. En 2026, comptez plutôt 2 000 à 2 500 $ pour l’équivalent à Orlando, et 1 950 à 2 200 $ à Raleigh, où le loyer moyen d’un appartement tourne autour de 1 575 $ contre 1 800 $ en Floride. Le même bien à San Francisco reste hors catégorie. Deux villes agréables peuvent afficher 20 % d’écart sur le poste le plus lourd de votre budget, et cet écart, vous le payez tous les mois pendant des années.

Autre point important, et là non plus rien n’a changé : si vous comparez le coût de la vie entre la France et les États-Unis, comparez des choses comparables. Quand on annonce ici un salaire de 4 000 $ par mois, l’assurance santé, la retraite et le chômage n’ont pas été prévus dedans. À vous de faire vos réserves et de vous préparer.

Prévoyez un budget pour les imprévus, il y en a toujours !

Vivre aux Etats-Unis, les imprévus !

J’ai parlé jusqu’ici du budget investi dans le projet mais, je vous en conjure, n’oubliez pas de prévoir aussi assez large pour votre installation personnelle. Vous repartez de zéro dans un pays où vous êtes inconnus. Vous serez les bienvenus, les Américains sont accueillants avec les étrangers, mais n’attendez pas de cadeau quand on en viendra aux questions financières : pas d’historique de crédit, pas de garanties, pas de références, donc pas de crédit. Il faudra donc faire des dépôts de caution partout : loyer, téléphone, eau, électricité. Vous serez souvent considérés comme jeunes conducteurs par les assurances auto, même à 50 ans ! Auto… il faudra en racheter une ou deux. Il faudra se meubler. Bref, il faut des réserves pour débuter, car tout sauf se retrouver à court de cash ici : un mois de loyer de retard et vous êtes dehors.

L’assurance santé : le poste que tout le monde sous-estime

C’est le point sur lequel je suis le plus insistant en 2026, et celui que je vois le plus souvent absent des budgets qu’on me présente. Les aides renforcées qui allégeaient les primes du marché individuel ont expiré fin 2025. Résultat : un entrepreneur dont le revenu dépasse le plafond d’éligibilité est passé d’un tarif subventionné à un tarif plein.

Pour une famille de quatre, le chiffre que je donne aujourd’hui est 1 500 $ par mois au minimum, soit 18 000 $ par an, et cela peut aller très au-delà selon l’âge, l’État, le comté et les options choisies, à commencer par le niveau de franchise (deductible). On est au niveau d’un loyer, parfois au-dessus. Personne ne vous en parle avant votre départ, et c’est pourtant la ligne qui fait exploser les plans de trésorerie de première année.

Et il faut anticiper la suite. À compter du 1er janvier 2027, les aides du marché individuel américain seront réservées aux titulaires de la carte verte et à deux ou trois catégories très étroites. Les titulaires de visas non immigrants, dont le E2, en sont exclus : plus aucune aide, quel que soit le revenu. Autrement dit, si vous préparez aujourd’hui une arrivée pour 2027, construisez votre budget santé au tarif plein dès le départ, sans compter sur un filet de sécurité qui n’existera plus.

Prenez donc une couverture le plus tôt possible, y compris un contrat français qui vous couvre le temps d’être assurés ici. J’ai eu le cas d’un jeune couple, en pleine forme, jamais malade jusqu’alors : après une semaine en Floride, Monsieur a dû être hospitalisé d’urgence pour une crise de coliques néphrétiques. Quelques examens plus tard et des anti-douleurs à assommer un cheval, arrive la facture : 13 000 $. Heureusement, ils avaient pris une assurance avant leur départ. Aujourd’hui, la même mésaventure se chiffrerait bien plus haut : sur ce type de prise en charge, les factures relevées vont couramment de quelques milliers à plusieurs dizaines de milliers de dollars, et un patient non assuré paie le tarif plein, sans aucun des rabais négociés par les assureurs.

Un point de réglementation à connaître : 48 mois, pas 5 ans

Depuis le 16 novembre 2023, les visas E1 et E2 délivrés aux ressortissants français sont valables 48 mois, contre 25 mois auparavant. Ce n’est pas la durée de 5 ans dont bénéficient certaines autres nationalités : si vous lisez encore « 5 ans » quelque part, y compris dans les anciennes versions de cet article, c’est dépassé. Le renouvellement, lui, reste possible sans limite tant que l’entreprise tourne, et c’est cette perspective de renouvellement, bien plus que la durée initiale, qui doit guider votre budget.

Maintenant, à vous de prévoir votre budget !

Voilà, comme promis en introduction, je n’ai pas répondu à la question, mais je vous ai donné des pistes de réflexion et, cette fois, des ordres de grandeur à jour. Votre budget dépend de votre projet, de votre famille, de vos habitudes de consommation, de la région que vous convoitez.

Si vous ne deviez retenir que deux chiffres de cet article : 100 000 $, c’est le minimum que je conseille aujourd’hui (150 000 $ pour être confortable), là où on parlait de 50 000 $ il y a dix ans. Et 1 500 $ par mois au minimum pour une famille de quatre, c’est l’assurance santé, ce second budget que presque personne n’anticipe. Le montant de l’investissement n’est qu’une partie de l’équation : le visa, l’installation et la santé forment une deuxième enveloppe, à chiffrer avant de partir et non une fois sur place.

Alors, à vos calculettes !

Pour toutes vos autres questions relatives au visa E2, reportez-vous à notre article complet sur le sujet : Visa E2 USA : tout savoir, tout comprendre.

Questions fréquentes

Quel est le montant minimum à investir ?

Si vous cherchez un montant minimum inscrit dans le texte qui encadre le visa E-2, la réponse est non : le règlement demande un investissement « substantiel », que je prends au sens « proportionné au projet ». En pratique, je dirais 100 000 $ au minimum, et 150 000 $ pour être confortable. Certains projets demandent peu d’investissement, et j’ai encore vu passer récemment des dossiers à 80 000 $. Plus le montant est faible, plus c’est risqué, pour l’obtention du visa comme pour la suite.

Avec un visa E-2, comment je m’assure pour la santé ?

Avoir un numéro de sécurité sociale ne veut pas dire avoir une assurance santé : pour quelqu’un en activité, il faut souscrire une assurance privée. Pour une famille de quatre personnes, prévoyez au minimum 1 500 $ par mois, et souvent bien au-delà selon les options choisies, à commencer par la franchise (deductible). À partir du 1er janvier 2027, les détenteurs de visa n’ont plus accès aux subsidies d’Obamacare. Personnellement, je recommande quand même de passer par la marketplace : cela reste des contrats Obamacare, sans les subsidies. Obamacare, cela veut dire pas de plafond, pas d’exclusion, et un certain nombre de postes pris en charge, comme la grossesse. Ce budget doit figurer dans vos prévisions personnelles dès le business plan.

Combien faut-il gagner pour vivre aux États-Unis ?

Cette question est dans le top 5 de celles qu’on me pose, et il n’y a pas une seule réponse : il ne faut pas le même revenu à New York, Palo Alto, Miami ou Orlando. Quand on parle revenu avec mes clients, je leur indique qu’il faut gagner deux à trois fois ce qu’ils gagnent en France pour garder à peu près le même niveau de vie.

Peut-on obtenir un prêt SBA pour racheter une entreprise en visa E-2 ?

Non. Un demandeur de visa ne peut plus obtenir de prêt SBA, à quelque titre que ce soit. Depuis mars 2026, l’entreprise ne doit compter aucun actionnaire étranger, même à 1 %. Un détenteur de carte verte n’y a plus accès non plus : il faut être citoyen américain. Les financements que nous voyons parfois viennent de banques françaises. Ce sont souvent des prêts hypothécaires adossés à une résidence que le client possède en France.

Les autres questions sur le visa E-2, le business plan et le rachat d’entreprise sont dans la FAQ Objectif USA.

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4 réponses

  1. Pour être concernée par la question puisque je vis aux US avec visa E2 depuis 2 ans dans la baie de San Francisco, il faut au minimum $12000 par mois pour vivre ici (et je vis à Santa Clara). Tout est cher et si votre business échoue c’est la cata. Nous vivons sans sécu depuis pffff je ne compte plus… Je conseille de venir ici bien armé car s’installer aux US est très difficile, faire sa place est difficile et pourtant j’adore vivre ici

    1. Sylvain PERRET

      Vous avez raison et je mets en garde quotidiennement mes interlocuteurs vis à vis du coût de la vie selon les régions. Certains business sont insensibles à l’emplacement, dans ce cas, autant choisir un endroit où le coût de la vie est « raisonnable ». Pour d’autres, l’emplacement fait tout. Dans ce cas, il faut s’assurer que le revenu potentiel est suffisant pour vivre bien. Accrochez vous, you’ll ace it!

  2. Article fort intéressant et précieux pour ceux qui rêvent de venir investir aux US. Je rajouterai que certaines régions sont encore moins cheres que la Floride (le centre par exemple). Pour la Californie, pour l’avoir vécu, je confirme. Le budget essence et logement, est bien plus élevé qu’ailleurs.

    1. Sylvain PERRET

      Merci pour cette confimation et pour la santé, vous connaissez le sujet mieux que moi ;).

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